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Népal :: Réalisation d'une vidéo, formation aux réseaux sociaux et organisation d'une rencontre entrepreneurs locaux-personnes handicapées.


Bilan du Népal : un pays à la hauteur de nos espérances

Quand on évoque le Népal, la première image du pays que l’on a en tête s’associe irrémédiablement aux montagnes enneigées de l’Himalaya. Au paradis du trekking, notre aventure a pourtant été tout autre : une aventure humaine de chaque instant dans un pays envahi par les touristes pour son environnement magnifique. Compte-rendu d’une aventure népalaise au sommet, où des initiatives autour du handicap commencent timidement à émerger…

Paysages tranquilles et surprises électriques

Notre arrivée au Népal s’est apparentée au cliché du pays que l’on s’en fait : touristes, trekking et randonnées. Nous débarquions ainsi en jean et baskets au milieu de dizaines de touristes en « total look North Face », chaussures de randonnées et jambes affutées pour affronter les hauts sommets. Le quartier touristique du Thamel à Kathmandu ne nous a pas fait plus de surprises : ses dizaines de magasins de trekking et son ambiance européenne est un quartier acquis à la cause des touristes où la plupart s’arrêtent quelques jours avant de démarrer des semaines de marche dans les montagnes.

Mais notre virée népalaise est, comme toute notre aventure, centrée sur les rencontres locales et la situation du handicap… Nous ne ferons au final que peu d’expériences touristiques, profitant tout de même de son décor incroyable.

Car il est une chose indéniable au Népal : ses paysages à couper le souffle. Les sommets tout d’abord, qui où que l’on soit se dressent devant nous, enneigés, immenses. Les chemins qui traversent ces montagnes sont également une aventure, et l’état des routes rend chaque déplacement un raid en 4×4. Les rivières ne sont traversées que par des ponts suspendus à une trentaine de mètres de hauteur, et partout apparaissent de magnifiques rizières en étages.

Si l’on ne devait retenir qu’une chose du quotidien népalais, ce serait certainement ses pannes d’électricité ! Surpris à tout moment de la journée, de deux à 5 fois par jour, les coupures immobilisent la vie et le quotidien. Pour peu que les commerces et maisons ne soient dotés de batterie, il faut savoir prendre son mal en patience et oublier un moment sa douche, son repas, ou son travail… La raison est pourtant noble car totalement écolo. En effet, le Népal se fournit à 100% d’électricité hydraulique, un modèle pour tous les pays qui cherchent à se mettre au vert. Mais la consommation est bien supérieure aux ressources et varie en fonction du niveau d’eau des rivières. Pas de problème donc lors de la saison des pluies, mais en hiver les coupures peuvent aller jusqu’à 16h par jour !

Le calme népalais et leur quotidien animé

Les paysages incroyables y sont pour beaucoup dans la notoriété du pays, mais ce qui nous a paru le plus frappant et de loin, ce sont ses habitants. Comme en Inde, nous avons été plongés dans la culture du pays en habitant et travaillant avec les locaux, et avons pu découvrir et apprécier chaque jour la gentillesse et la douceur qui les caractérisent. Après avoir vécu le tumulte indien,  nous avons pu ressentir la tranquillité népalaise et leur calme de chaque instant. Pas un mot plus haut que l’autre, même dans des embouteillages dignes d’un chassé-croisé d’été à la sortie de Paris, ils restent souriants et sortent même de leur voiture pour rire ensemble le temps de laisser passer le bouchon.

Très certainement timides, nous n’aurons jamais de grandes embrassades et de manifestations sentimentales de la part des népalais, mais les quelques mots que nous avons pu avoir ont été forts en émotion et valent toutes les démonstrations du monde. Notre expérience de Dashein (pour rappel lire l’article « Rendez-vous en terre inconnue ») a été notre souvenir le plus fort et la rencontre la plus bouleversante avec des personnes qui n’avaient encore jamais croisé d’étrangers.

Pokhara est une ville extrêmement touristique car le point de départ des différents treks, mais nous avons eu la chance d’habiter dans un quartier plus reculé et beaucoup moins fréquenté des touristes. Les voisins, les commerçants du coin nous ont vite adoptés et les discussions allaient bon train chaque jour. Tout le monde ne parle pas anglais au Népal, mais les sourires fusent, les dames d’un certain âge nous bénissent dans la rue, les enfants jouent avec nous… Le Népal est certainement l’exemple même que la barrière de la langue et de la culture n’est rien face au partage des moments de chaque instant.

Des premières initiatives en matière de handicap

Notre quotidien népalais à Pokhara est donc agréable et empli de sérénité. Pouvoir se réveiller et aller travailler face aux montagnes enneigées de l’Himalaya est un ressenti unique et qui peut faire relativiser n’importe quelle mauvaise nuit passée.

Le travail avec l’association Inclusion Empowerment Center a également été enrichissant et conforme à la vie au quotidien, tranquille…très tranquille. Les népalais travaillent 6 jours sur 7 mais la productivité n’est pas de mise. Certaines actions vont s’avérer extrêmement frustrantes car il y a tant à faire et les choses bougent très lentement. Mais nous apprendrons au fur et à mesure à travailler à la népalaise et en seulement quelques semaines, de nombreux projets vont être mis en place : la formation de l’équipe IEC aux réseaux sociaux, le développement de la commercialisation des t-shirts en braille, la réalisation de la vidéo sur l’histoire du fondateur Khom Raj Sharma et bien sûr l’organisation de la journée IEC Nepal Vision Day. Le travail avec IEC a été un réel partage de connaissance. IEC est encore jeune et en équipe réduite, nous avons donc eu la possibilité de développer de nombreuses responsabilités et proposer à plus long terme différentes actions qui pourront être mises en place. Le travail au Népal ne s’arrête pas pour HandiCap sur le Monde !

Mais IEC reste encore – trop – peu connue, et le manque de moyens et de sensibilisation face au handicap restent rares.  Avant de pouvoir parler d’inclusion par l’emploi, il est nécessaire de redonner confiance aux personnes en situation de handicap qui ne sont pas suffisamment intégrées dans la société népalaise. Le Népal est un pays très rural, la plupart habitent dans des villages reculés et ces personnes ne sont pas confiantes car, pour beaucoup, n’ont pas lieu de faire partie de la société et encore moins d’une entreprise.

L’événement que nous avons organisé conjointement avec IEC autour d’une rencontre entreprises / personnes en situation de handicap a été un réel succès mais n’est qu’une première étape de sensibilisation.

En matière d’aide, le gouvernement s’implique peu, aucun programme n’est encore développé pour le handicap. 15% du budget national doit être alloué aux actions sociales dont 5% au handicap mais il n’est pour l’instant pas suivi, et l’argent est plus souvent utilisé pour la construction de routes ou d’écoles, beaucoup plus prioritaire aux yeux des dirigeants du pays. Concernant l’emploi, une loi oblige les entreprises à recruter 5% de personnes possédant une « carte handicap ». Carte qui est malheureusement aujourd’hui principalement utilisée à mauvais escient par des personnes qui recherchent un travail plus facilement. Cependant, de bonnes pratiques nous ont montré que malgré le peu d’implication des politiques, des entreprises s’investissent. Le spa Massage Clinic rencontré lors de l’événement embauche par exemple uniquement des personnes déficientes visuelles pour ses massages.

Ce séjour au Népal nous a apporté découvertes, émotions, des amis à revoir au plus vite dans ce beau pays et un travail enrichissant. Les actions autour du handicap débutent à peine au Népal mais des initiatives comme celle d’IEC et de Khom Raj Sharma permettent d’entrevoir de bonnes choses pour l’avenir. Khom est d’ailleurs nominé pour le social entrepreneur de l’année au Népal, preuve que les choses avancent. HandiCap sur le Monde a hâte de revenir et voir où en est cette belle association !

 


1er événement Handicap et Emploi au Népal: IEC Népal Vision Day

Le 5 novembre 2012, HandiCap sur le Monde a organisé avec Inclusion Empowerment Center (IEC) son action la plus importante à Pokhara. Intitulé IEC Nepal Vision Day, ce rassemblement  se veut être un événement novateur pour sensibiliser et échanger autour de l’inclusion des personnes handicapées au Népal, encore peu développée aujourd’hui. Récit d’une journée réussie…organisée bien sûr à la népalaise !

Après avoir évoqué ce type de journée lors de réunions IEC et grâce à notre expérience en Inde, lors du jobdating, l’idée d’un événement rassemblant entrepreneurs locaux et personnes déficientes visuelles est vite devenue évidente. Premier constat à prendre en compte : aujourd’hui, les personnes en situation de handicap au Népal peuvent difficilement rencontrer des dirigeants d’entreprises, trouver un emploi et être acteurs de la société népalaise. En effet, elles sont peu reconnues et souffrent d’un important manque de confiance en leurs possibilités. La plupart d’entre elles n’osent pas s’adresser aux autres et se mettent donc en marge de la société. L’économie et l’emploi au Népal ne permettent pas non plus d’inverser cette tendance. Très peu d’entreprises recrutent des travailleurs handicapés et ne pensent pas encore à l’utilité que ces personnes peuvent avoir dans leur organisme. Partant ce constat, il était important non seulement de sensibiliser mais également de montrer aux entreprises cet intérêt en prenant exemple sur d’autres pays. 

Une organisation délicate : au Népal on n’organise pas on improvise !

Pour préparer cet événement, nous avons dû tirer un trait sur nos repères occidentaux en matière d’organisation. La première réunion de préparation a eu lieu une douzaine de jours seulement avant l’événement. Exit les dizaines de mails par jours, les relances téléphoniques, il va falloir privilégier l’improvisation et le réseau de chacun. L’équipe s’accorde rapidement sur le déroulé général de la journée : une matinée de formation à la motivation de soi, un atelier autour du handicap et de l’emploi l’après-midi, la soirée consacrée à des jeux de sensibilisation et un concert.  Suite à cela, de nombreuses tâches nous attendent et le temps de préparation ne nous laisse que peu de possibilités. Pour compliquer encore cette organisation, le festival Dashain débute au Népal. Durant 10 jours, tout tourne au ralenti, encore plus qu’en temps normal pourrions-nous dire. Les commerces sont quasiment tous fermés, tout comme les écoles, services et certaines entreprises. Cette période de congés ne va donc pas nous faciliter la tâche.

Nous souhaitons faire de cette journée un moment de rencontre entre différents acteurs qui n’ont pas pour habitude de se côtoyer : jeunes népalais plein d’ambitions, entrepreneurs locaux, personnes en situation de handicap… IEC Népal Vision Day est un moyen de sensibiliser ces népalais d’horizons différents aux problématiques liées au handicap. C’est aussi l’occasion de faire connaître davantage les actions IEC.

Nous ciblons les personnes à contacter pour promouvoir l’événement et commençons à établir de premiers contacts téléphoniques. Nous recueillons les listes des clubs Rotary et Lions club de Pokhara pour toucher les dirigeants d’entreprise, ainsi que celles des clubs Rotaract, réunissant les népalais de 20 à 30 ans qui s’impliquent dans des projets locaux. Les échos sont globalement positifs mais beaucoup de personnes sont peu disponibles en raison du festival Dashain ou de leurs occupations professionnelles. Nous cherchons aussi à contacter des célébrités de Pokhara ainsi que des musiciens pour animer la fin de journée. Pour le moment, impossible de savoir si nous serons 10 ou 100 personnes le jour J.

IEC Nepal Vision day, une première édition prometteuse

Malgré la courte préparation précédant l’événement, nous sommes prêts à temps pour accueillir les participants dès 10h lors du Capacity Building Training animé par le célèbre coach Raman Népali.

 Une entrée est aménagée pour recueillir les inscriptions, informer des différentes activités programmées et présenter les t-shirts en Braille vendus par IEC. L’objectif de la matinée n’est pas orientée handicap; en effet les 15 participants sont formés sur la coopération, la communication et le sens à donner à son parcours professionnel. Ce type de coaching très commun en Europe fonctionne bien et démarre seulement au Népal. Le programme est ensuite concentré sur l’objectif phare de la journée : un atelier ou échange d’idées autour de l’inclusion des personnes handicapées dans l’emploi au Népal et ailleurs. Nous voulons faire de ce temps de partage un moment de rencontres entre jeunes népalais, chefs d’entreprises et personnes déficientes visuelles. Des journalistes sont également présents, ainsi qu’une célébrité, Manju Gurung, mannequin et  joueuse de volleyball de l’équipe nationale népalaise.

Khom Raj Sharma, fondateur d’IEC, présente tout d’abord l’objectif de cet événement et les actions d’IEC. HandiCap sur le Monde détaille ensuite la situation du handicap et de l’emploi en France, en évoquant notamment la loi de 2005 concernant les entreprises, les progrès réalisés mais aussi les difficultés rencontrées et les obstacles toujours présents freinant l’embauche de travailleurs handicapés. Nous évoquons aussi l’exemple du Jobdating en Inde en insistant sur les similitudes de ce pays par rapport au Népal afin de montrer que de nombreuses choses peuvent être mises en place dans le pays.

Tomasz, jeune polonais bénévole à IEC, enchaine ensuite sur son parcours et relate son vécu népalais de façon plus personnelle avec pour objectif principal de montrer qu’en suivant sa propre voie et en allant au bout de ses convictions on devient vraiment acteur et porteur de projets. Enfin, différents témoignages de personnes déficientes visuelles membres d’IEC se succèdent, avec force et conviction, afin de démontrer que les personnes en situation de handicap veulent aujourd’hui occuper un rôle plus important dans la société mais qu’elles ont besoin de la confiance des employeurs pour leur procurer ces opportunités.

 

Vers 18h, la salle est rapidement aménagée et des jeux de mise en situation au handicap visuel sont proposés aux participants. D’abord, une chaise musicale à l’aveugle est organisée. Même principe que la chaise musicale classique sauf que tous les participants ont les yeux bandés et se trouvent ainsi dans la même situation que les personnes déficientes visuelles. Chacun participe dans la bonne humeur et les fous rires sont nombreux. Ensuite, un parcours d’obstacles est proposé sur le même principe, les yeux bandés. Une canne blanche leur est confiée et nous insistons sur les difficultés rencontrées par les personnes déficientes visuelles dans leur vie quotidienne pour se déplacer. S’il est compliqué de se déplacer en France pour une personne aveugle, il faut savoir que les trottoirs népalais – s’il y en a ! – sont un vrai parcours du combattant, avec marches, trous et autres pièges à éviter. Pour poursuivre la soirée, un concert est improvisé par un groupe de 5-6 personnes déficientes visuelles. La soirée se termine à la népalaise : les chants se succèdent, tout le monde est emportée dans des danses endiablées, et conclut d’une belle manière cette journée.

Évidemment, un premier événement n’est jamais parfait et il y aura toujours des choses à améliorer.  Nous espérons que de nombreuses autres éditions verront le jour et contribueront à l’émergence d’un futur différent pour les personnes en situation de handicap au Népal. Cette première édition a tout de même permis de  faire connaître davantage IEC à Pokhara, de nouer des contacts importants dans des secteurs d’activité variés et potentiellement fournisseurs d’emploi pour les personnes déficientes visuelles. C’était le premier événement de ce type à Pokhara et peut-être même au Népal et il a permis de toucher différentes personnes qui, nous l’espérons, se sentent désormais plus concernées par les difficultés des personnes handicapées. Lors de cette journée, l’engouement de chacun des participants nous apporte une belle récompense et nous permet de dire que ce fut une réussite. Avant de se quitter, nous avons pu débriefer avec le coach Raman Népali. Il s’est dit prêt à rééditer l’expérience pour la deuxième édition et déjà, de nouvelles idées ont germé pour rassembler encore plus de monde et continuer ce travail de sensibilisation.

 


« Rendez-vous en terre inconnue » au Népal: expérience dans un village de l’Himalaya

A l’occasion du festival Dashain, qui correspond au noël et nouvel an hindou, Handicap sur le Monde a eu la chance de se rendre dans le village de Khom Raj Sharma, fondateur d’Inclusion Empowerment Center (IEC), perché sur les hauteurs de l’Himalaya. Ce festival dure dix jours durant lesquels chaque népalais retrouve sa famille, le plus souvent, dans son village natal. Retour sur une expérience unique auprès de villageois qui n’avaient encore jamais rencontré d’étrangers.

Un trajet épique sur les routes escarpées du Népal

Vendredi, 7h, départ de Pokhara en bus direction l’ouest et tout d’abord la ville de Beni. Les bus locaux ne sont pas très grands et surtout pas très hauts, adaptés à la petite taille des népalais. Mais ils sont surtout bondés et les routes dans un état désastreux! Après un arrêt rapide pour déjeuner, nous reprenons à nouveau le bus vers Pulachaur, le village de Khom où habitent encore aujourd’hui ses parents.

Difficile de décrire le trajet, tant la route fut chaotique: rivières à traverser, lacets délirants, passage étroits, ainsi que de nombreuses frayeurs et beaucoup de secousses pour parcourir ces quelques kilomètres de montée en 3h interminables. Cela ne nous enlevait pas le plaisir d’être au milieu des népalais et d’apprécier la beauté du paysage. Arrivés à la tombée de la nuit, il a fallu descendre à travers les chemins escarpés pour trouver la maison natale de Khom, à flanc de montagne. Ce ne fut pas facile et ce le fut encore moins pour Khom et Sushma, son épouse, tous deux déficients visuels, de ne pas tomber, se cogner ou se blesser.

Village typique de l’Himalaya: entre rêve et réalité

Nous voici enfin dans la famille de Khom. Même si aucun d’entre eux ne parle anglais – pas plus que nous ne parlons népalais malheureusement – les gestes et les sourires parlent et nous sommes accueillis chaleureusement par ses parents, frères et soeurs, rassemblés pour Dashain. Ici pas de voiture, d’eau courante ou d’électricité. Pas de toilettes (composés d’un trou dans le jardin caché par une bâche) ou de salle de bain, la douche se fera avec une bassine à côté des fleurs. La maison est très traditionnelle et se compose de quelques chambres à l’étage auxquelles on accède par une minuscule échelle, ainsi que d’une pièce principale intégrant en son centre un trou au sol pour y allumer le feu. Une fois installés autour du feu, dans cette « cuisine-salle-à-manger-salon », les premiers échanges commencent. Malgré la barrière de la langue, la famille de Khom fait tout pour que nous nous sentions comme chez nous. Le repas est magnifique, composé de légumes savoureux et d’épices qui accompagnent le riz. Nous prenons peu à peu conscience de la réalité de la scène et de la chance que nous avons de vivre cette expérience.

La nuit tombe vite et il fait très froid au village. Notre chambre, soigneusement préparée malgré son aspect sommaire, a une ouverture sans fenêtre. La première nuit sera donc assez courte. Au réveil, la fatigue est vite oubliée. Le paysage s’ouvrant sous nos yeux est à couper le souffle; nous découvrons les hauts sommets de l’Himalaya, la vallée et la rivière en contrebas. Au village, la nouvelle venue des « blancs » se propage vite et dès la matinée les premières visites des voisins commencent déjà, venus voir ces étrangers bizarres. Pour eux, nous savons tout sur tout, et surtout nous sommes des « guérisseurs »: nous avons toute la médecine du monde à notre portée, et beaucoup de voisins se présentent ainsi en détaillant leurs maux de tête, de dos, leurs coupures… Nous n’avons pas grand chose avec nous mais la bétadine et les doliprane ont l’air de les réjouir.

Perte de toute notion du temps et découverte des activités agricoles

Si le temps tourne au ralenti sans le moindre stress, la famille ne chôme pas et chacun a un rôle bien défini. Le papa s’occupe des travaux de la ferme : nourrir les deux buffles, les trois chèvres, couper du bois, aller travailler dans la vallée. La maman a suffisamment d’occupation dans la préparation des repas, la récolte des légumes, la vaisselle… tandis que les frères et soeurs se partagent les autres tâches. Nous prenons progressivement part à ces activités, constatant alors nos difficultés à être aussi efficaces que les locaux. L’après-midi, un peu de sport nous attend: nous nous rendons à une bonne quinzaine de minutes plus en hauteur pour y faire de la balançoire. Composée d’immenses bambous attachés entre eux et d’une corde, la balançoire est très sommaire. Là encore, nous serons moins téméraires que les népalais qui s’envolent à plus d’une dizaine de mètre du sol.

Le lendemain, une randonnée de deux heures à la fraiche à 6h nous permet d’atteindre Todke, point de vue imprenable sur le sommet du Dhaulagiri, septième sommet le plus haut du monde culminant à 8167 mètres. Le temps de contempler cette merveille et de redescendre pour un rapide petit déjeuner, nous reprenons nos nouvelles occupations : travailler dans les champs, nourrir les animaux, couper les bambous, mais également shooting photo et vidéo de Khom et de sa famille. Car c’est là la mission principale de Handicap sur le Monde: réaliser une vidéo de Khom Raj Sharma, présentant son parcours depuis le village, son handicap naissant à 11ans, jusqu’à la réussite de son entreprise sociale.

 Les aux-revoirs furent brefs, à « la népalaise », très discrets et timides mais emplis d’émotion. La maman de Khom nous offre fleurs et sourires une dernière fois, avant de nous accompagner un moment sur le chemin du retour. Cette fois, plutôt que le bus, nous préférons descendre dans la vallée à pied pour rejoindre les sources d’eau chaude de Tatopani. Sentier escarpé à travers les différents villages, nous susciterons là encore la curiosité des habitants que nous croiserons à chaque tournant. Nous avons eu bien plus de difficultés à emprunter ces sentiers que Khom, malgré sa déficience, qui retrouve les chemins et sensations de son enfance passée à courir entre montagne et vallée.

Nous ne pouvons résumer en quelques lignes la rareté de ces moments, les fous-rires lorsqu’une voisine « légèrement » alcoolisée nous a rejoint à la fin d’un diner pour danser et chanter, les sourires de toutes ces personnes, l’accueil cérémonial d’un prêtre pour le repas, nos essais aux mots népalais et l’envie de la maman de Khom d’apprendre l’anglais pour nous comprendre… Il semble que tous ces gens ont une bonté infinie qui se retranscrit sur leurs visages, et nous ne pouvons nous empêcher de tous les prendre en photos. Arrivés deux jours auparavant, nous ne savions pas à quoi nous attendre et si le choc culturel ne serait pas trop violent. Et lors du départ, c’est comme si nous avions connu cette famille depuis toujours et que nous étions prêts à rester des semaines de plus.  Ce « rendez-vous en terre inconnue » est aussi un clin d’oeil à Frédéric LOPEZ, que nous avions rencontré avant de commencer cette aventure et qui nous avait partagé avec enthousiasme ce genre de moments qu’il vit presque comme une habitude.

HandiCap sur le Monde vous propose quelques images de cet environnement sublime.

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La page Wikipedia pour le Dhaulagiri

Plus d’explications sur le festival Dashain.

 


Avec Inclusion Empowerment Center, les projets ne manquent pas!

Désormais arrivée à Pokhara au Nepal, HandiCap sur le Monde a rencontré l’association Inclusion Empowerment Center (IEC) et défini les actions qui seront menées conjointement au cours des prochaines semaines.

L’association HandiCap sur le Monde a choisi IEC pour découvrir et observer les bonnes pratiques autour du handicap visuel et de l’emploi. IEC a en effet pour objectif le développement de l’autonomie des personnes déficientes visuelles vivant au Népal et plus particulièrement à Pokhara. Elle propose pour cela des formations en informatique et en anglais pour les aider à développer leurs compétences et ainsi, pouvoir postuler à un emploi qualifié. C’est aussi, pour son fondateur Khom Raj Sharma, également aveugle, un moyen de montrer que le handicap n’est pas une barriere pour l’emploi.

IEC est une association très active qui cherche à subvenir à ses propres besoins en développant un modele de social business. Un cybercentre a été créé pour pouvoir accueillir les personnes déficientes visuelles et des tee-shirts en braille sont également vendus au profit de l’association.

Lors de son séjour a Pokhara, HandiCap sur le Monde va travailler sur plusieurs projets. L’association va tout d’abord  développer activement la présence d’IEC sur les réseaux sociaux afin d’accroître sa visibilité. Nous créerons également un film présentant l’histoire de son fondateur Khom Raj Sharma et le succès de son entrepreunariat social. De plus, nous aiderons IEC à définir une stratégie de ventes de ses tee-shirts en braille. Enfin, nous organiserons une rencontre entre entreprises locales et personnes déficientes visuelles autour de la problématique de l’emploi des personnes handicapées.

Beaucoup de choses en cours, vous pourrez suivre l’évolution dans la partie projet Népal

Pour plus de détails sur l’association IEC, dirigez-vous vers leur site Internet


HandiCap sur le Monde pose ses bagages au Népal

Après un mois passé en Inde au sein de l’association Blind People’s, HandiCap sur le Monde se dirige désormais vers les hauteurs népalaises pour découvrir et rencontrer l’association Inclusion Empowerment Center à Pokhara.

HandiCap sur le Monde a passé plusieurs semaines à découvrir l’inclusion des personnes handicapées en Inde, en particulier à Ahmedabad auprès de Blind People’s Association. De riches rencontres, des actions impactantes, en particulier autour de l’emploi des personnes en situation de handicap avec des journées jobdating couronnées de succès, et surtout un premier aperçu de ce qui peut être fait dans le handicap selon la culture indienne, voilà le résumé de la première étape du projet.

L’association est aujourd’hui arrivée à Katmandou, capitale vibrante du Népal, pour quelques jours, avant de se diriger vers Pokhara où se trouve l’association Inclusion Empowerment Center. Cet organisme propose des formations pour développer les compétences des personnes déficientes visuelles et leur permettre de trouver un emploi.

De nombreuses informations et retour d’expérience en Inde à suivre en détails, c’est bientôt dans la partie Etape Inde

La rencontre avec l’association Népalaise à suivre bientôt également!


Présentation de Inclusion Empowerment Center

Après avoir sillonné l’Inde, HandiCap sur le monde se rend ensuite au pied des montagnes Népalaises, à Pokhara, environ 200 km à l’ouest de la capitale Katmandou.
Tout près des sommets de l’Annapurna culminant à plus de 8 000m d’altitude, Handicap sur le monde va aider l’association « Inclusion Empowerment Center » dont le président est Monsieur Khom Raj Sharma.
Il s’agit de réaliser une vidéo mettant en avant leurs différentes actions (formations, ouverture d’un cyber-café adapté aux déficients visuels, collection de tee-shirts en braille, programme pour volontaires…).
Des ateliers débats sont également organisés à destination des entrepreneurs locaux sur les problématiques liées à l’intégration des personnes handicapées dans le cybercentre nouvellement créé.

En savoir plus sur la région de Pokhara

La carte du Népal

Les tee-shirts BRAILLE créés par l’association

 


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