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Nouvelle-Zélande :: Rencontres des acteurs du changement pour l’inclusion des personnes en situation de handicap


HandiCap sur le Monde sur le terrain avec les Wheel Blacks

HandiCap sur le Monde a eu la chance toute particulière de rencontrer les membres des Wheel Blacks, équipe nationale de rugby fauteuil en Nouvelle-Zélande, lors d’un entraînement à Auckland. Lors de cette visite, Thomas a même eu l’opportunité de participer à l’entraînement et découvrir de l’intérieur les coulisses de ce sport passionnant.

Le rugby fauteuil, sport en pleine expansion depuis les Jeux Paralympiques de Londres

Si l’évènement reste encore trop peu connu en France, le rugby fauteuil ou quad rugby, a fait un carton aux jeux de Londres 2012 et ne cesse de faire de nouveaux adeptes. Combinaison de plusieurs sports, le rugby fauteuil se joue sur un terrain de basket, avec un ballon de volley mais respecte et reprend les principes fondamentaux du rugby. Créé par les canadiens en 1977, les règles de ce sport sont issues de celles du rugby, du basket et du hockey. Chaque équipe est composée de 4 joueurs sur le terrain. L’objectif consiste à transporter un ballon au-delà de la ligne de but adverse. Pour que l’essai soit comptabilisé, les deux roues du fauteuil du joueur ou de la joueuse doivent franchir la ligne de but, et le ballon doit être tenu fermement lors du franchissement de la ligne.

Pour pratiquer ce sport, les joueurs sont équipés d’un fauteuil spécifique doté d’un double pare-chocs pour parer les nombreux contacts durant les matchs. Réservé aux personnes tétraplégiques, le rugby fauteuil peut être pratiqué par les athlètes des deux sexes dans une même équipe. L’inclusion par le sport prend ici tout son sens puisque les personnes valides sont également acceptées et peuvent se confronter aux joueurs handicapées. Les All Blacks ont d’ailleurs eu l’occasion par le passé de se confronter à leurs homologues kiwis sur le terrain de rugby fauteuil.

Ce sport, encore récent, a été introduit aux Jeux paralympiques à Sydney en 2000 et voit le nombre de ses licenciés augmenter d’années en années. Le côté spectaculaire de ce jeu et les prouesses réalisées par les meilleurs joueurs internationaux lui promettent une médiatisation plus importante dans les années à venir. Présente à Londres cet été, l’équipe de France a été fondée il y a seulement 6 ans. Bien que notre équipe nationale n’ait gagné aucune rencontre lors du tournoi paralympique, son niveau se rapproche des meilleurs et il y a beaucoup à espérer pour les prochaines échéances internationales. Organisée autour du charismatique Ryad Sallem, l’équipe de France bénéficie de l’aura d’un des fers de lance du handisport de notre pays.

Au pays du rugby, un futur à construire pour les Wheel Blacks

L’équipe de rugby fauteuil de Nouvelle-Zélande a un passé glorieux. En effet, les Wheel Blacks ont remporté l’or paralympique à Athènes en 2004. A l’instar de leurs collègues valides, les Wheel Blacks effectuent un Haka avant les matchs rappelant ainsi, l’héritage de leurs ainés maoris. La Nouvelle-Zélande, aujourd’hui 9ème nation mondiale, n’a pu participer au tournoi paralympique de Londres puisque seules les 8 premières étaient qualifiées pour l’édition 2012. Les joueurs néo-zélandais s’entrainent dorénavant de manière acharnée pour participer de nouveau aux Jeux.

Des jeunes espoirs commencent à intégrer l’équipe et laissent présager d’un futur victorieux pour les Wheel Blacks. Si par le passé l’équipe bénéficiait d’aides du gouvernement pour financer leur équipement et leurs déplacements, ce n’est plus le cas depuis leur recul dans la hiérarchie mondiale. L’équipe doit trouver de nouveaux sponsors pour atteindre ses objectifs. Pour le moment, les joueurs, d’anciens rugbymen valides pour la plupart, sont dans l’obligation de payer une partie de leurs frais de déplacements pour participer aux compétitions internationales. Les Wheel Blacks organisent donc des actions de charité pour faire connaître davantage leur sport et récolter les fonds nécessaires à leur développement. Le casino d’Auckland a, par exemple, reversé les sommes non gagnées de ses parieurs à l’équipe, ce qui leur a permis de financer leur participation à un tournoi international. Ils interviennent également dans les écoles pour faire connaître le rugby fauteuil et favoriser son développement. Ces interventions leur permettent également de sensibiliser les enfants et les jeunes et démystifier le handicap par le biais du sport.

Un entrainement avec les Wheel Blacks : physique, contact et dépassement de soi

Dan Buckingham et Tony Howe, l’entraineur des Wheel Blacks, nous ont proposé de les rencontrer durant l’un de leur entrainement à Auckland ce jeudi 21 février 2013. Après avoir échangé avec Dan sur les principes fondamentaux de ce sport, sur l’histoire et le palmarès de l’équipe nationale, Thomas a pu prendre part à la première partie de l’entrainement pour vivre cette expérience de l’intérieur. Une fois installé dans son fauteuil, il a fallu s’équiper de gants et les scotcher pour en faciliter la prise en main et se propulser le plus rapidement possible.

De nombreux exercices développant les capacités physiques des athlètes sont au programme. Tours de terrain avec plusieurs prises de trajectoires, parcours et passes croisées, montées et descentes sur une pente raide à l’extérieur du gymnase… Ces premiers jeux mettent à rude épreuve les organismes et exigent une force physique conséquente. Un effort pour lequel Thomas n’est que peu habitué et les encouragements des membres de l’équipe seront importants pour l’aider à suivre ce rythme soutenu. Chacun pousse ses partenaires à donner le meilleur de soi. Les « Push it » et les « Come in, come in » accompagnent chaque atelier. Les joueurs marquent de fréquentes pauses pour se réhydrater et pour s’asperger d’eau puisque la majorité des personnes tétraplégiques ont la particularité de ne pas transpirer. Il est donc nécessaire de pallier cette incapacité et ainsi, faire diminuer la température corporelle. Thomas aura ensuite droit à un repos mérité avant d’observer, avec Emma, les exercices stratégiques où des oppositions mêlent phases d’attaque et techniques défensives. Si le début de la séance était impressionnant, la suite est encore plus spectaculaire. Les contacts sont nombreux et les joueurs doivent travailler ces phases de jeu le plus possible pour créer des automatismes. Les Wheel Blacks préparent le tournoi en Allemagne auquel ils vont participer à la fin du mois de mars 2013. Les joueurs travaillent des séquences de jeu où chacun a un rôle bien défini. Nous comprenons nettement mieux l’utilité des pare-chocs et les raisons du succès rencontré par ce sport lors des Jeux de Londres. Nous restons impressionnés par l’agilité des joueurs et leur capacité à perforer le rideau défensif adverse.

Ce sport mérite d’être connu plus largement et ne peut seulement l’être de ses quelques milliers de pratiquants à travers le monde. C’est tout ce que nous pouvons souhaiter à ces sportifs chevronnés qui se battent pour faire exister leur sport sur la scène internationale.

Ci-dessous un extrait de l’entrainement:

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