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Inde :: Réalisation d'un film de communication, organisation d'un tournoi de cricket unifié, création de lampes pour le festival Diwali.


Premier bilan de l’aventure en Inde pour HandiCap sur le Monde

Après un mois passé en Inde, il est temps de faire un premier bilan de l’expérience indienne vécue par HandiCap sur le Monde. Le rapport au handicap, le travail quotidien au sein de l’association Blind People’s, la vie en Inde, voici comment nous avons vécu ces quelques semaines « à la locale ».

L’Inde est un pays fort de nombreux contrastes qui évolue à une vitesse démesurée. Au-delà de la vie indienne en tant que telle, HandiCap sur le Monde s’est plus particulièrement attardé sur la vie des personnes en situation de handicap, le regard porté sur eux, leurs relations, et bien sûr l’emploi à leur niveau. L’Inde n’est pas un pays commun et c’est certainement ce qui en fait sa richesse. Il faut accepter d’être destabilisé pour mieux comprendre les us et coutumes locales.

Le quotidien indien ou le choc culturel de chaque instant

L’Inde est à la fois fascinante pour sa vitesse actuelle de développement économique, la curiosité et la gentillesse de ses habitants, la multitude de couleurs et d’odeurs émanant des boutiques et échoppes locales, mais aussi inquiétante par la misère présente à chaque coin de rue, la surpopulation et le traffic. Les indiens nous ont paru converser leur calme en toutes circonstances malgré ce traffic délirant, les situations conflictuelles… Les occasions de s’énerver ne manquent pas mais ils restent impassibles dans cet environnement bouillonnant.

Nous nous sommes rendus dans un hôpital public – et donc gratuit – pour des vaccins et avons certainement vécu l’expérience la plus « indienne » possible. Surpeuplé, mal organisé, les malades s’amassent sans distinction de symptômes et de gravité de leur état dans les nombreux couloirs, les radios sont disposées à l’extérieur dans le patio à la vue de tous. Après avoir traversé de longs couloirs pendant une demi heure, il faut littéralement jouer des coudes pour se faire une place et espérer pouvoir parler à un médecin…facilité néanmoins par notre situation de « blanc ». Finalité: les vaccins recherchés n’existent tout simplement pas en Inde, mais cette virée nous aura permis de mieux relativiser l’attente et l’organisation des hôpitaux en France!

Les déplacements en tuk-tuk, notre principal moyen de transport, sont aussi des moments forts en émotion. Les chauffeurs ne parlant majoritairement pas anglais, il faut se débrouiller pour se faire comprendre et réussir à trouver la bonne adresse après de fréquents arrêts sur la route pour demander de l’aide. En un mois, nous n’avons eu « que » trois collisions avec des scooters et une voiture sans faire de dégâts mais occasionnant une belle prise de becs entre les deux conducteurs. Difficile d’identifier le responsable puisque la seule règle en vigueur pour le code de la route, c’est qu’il n’y en a pas! Le premier qui klaxonne est prioritaire, enfin c’est ce que l’on a cru comprendre.

Les indiens sont très curieux et nous n’avons cessé d’être pris en photo lors de nos déplacements avec toujours les mêmes questions : « Where do you come frrrrom my frrriend? et What’s yourrr name? ». Lors de notre  visite du Taj Mahal, certaines familles ont presque pris plus de photos de nous que de ce magnifique monument. Le nombre de mains serrées et de sourires partagés est incalculable, et montrent la chaleur de la population indienne vis à vis des étrangers. Il faut dire que les indiens du Gujarat sont particulièrement à l’écoute de l’autre et prêts à rendre service, et nous savions qu’au moindre problème, chaque collègue, voisin ou connaissance pouvait nous être d’une grande aide.

 Prendre le train en Inde, c’est aussi vivre un moment plutôt intense. Les gares sont souvent bondées, tout comme les trains, et trouver le bon train n’est pas toujours évident. La propreté des gares, sans être déplorable, n’est pas non plus rassurante. Les « cafards mutants », dixit Emma, de la taille d’une main humaine, sont assez repoussants. Une fois tous ces détails appréhendés, le voyage en train s’avère plutôt confortable et sympathique au milieu des locaux dans ces wagons-couchettes qui sont propres et bien agencés. Bien sûr, ça ne va pas bien vite et n’a pas grand chose à voir avec notre TGV national, mais chaque fois, nous sommes arrivés à bon port sans souci majeur.

 

Quel est le rapport au handicap en Inde?

Premier constat d’ordre économique : beaucoup de personnes déficientes visuelles n’utilisent pas de cannes pour se déplacer, faute de moyens. Nombreuses sont les personnes aveugles dans la rue guidées en posant la main sur l’épaule d’amis. Les fauteuils roulants sont également un luxe que la majorité ne peuvent se payer. Nous avons donc régulièrement vu des personnes se traîner à même le sol pour se déplacer. Ancrés dans leur culture, les indiens sont toujours prêts à s’entraider et les personnes en situation de handicap peuvent compter sur le soutien de leurs concitoyens. Nous avons été surpris de constater que les indiens croisant une personne sans jambes, déficiente visuelle, trysomique… ne s’attardent pas en défigurant cette personne comme cela pourrait être le cas en France.  Nous avons également croisé de nombreuses personnes atteintes de handicaps multiples à l’association. Difficile alors de communiquer avec une personne sourde et muette, déficiente visuelle et atteinte d’un handicap mental. Mais un sourire ou une main serrée valent souvent beaucoup plus que des mots…

Malgré cette entraide, cela reste difficile de trouver un emploi pour les personnes en situation de handicap et c’est un grand secours de pouvoir s’appuyer sur une association telle que Blind People’s. La journée Jobdating fut un des moments forts lors de notre passage en Inde. Nous avons pu rencontrer des entreprises souhaitant réellement employer des personnes handicapées pour leurs compétences et parce qu’elles sont convaincues de leurs capacités. Les échanges avec les candidats en situation de handicap sur la nécessité de passer par ces journées Jobdating pour espérer trouver un emploi et les revoir à la sortie de leurs entretiens avec la promesse d’embauche furent des rencontres très enrichissantes. Ces postulants étaient tous très motivés pour ces journées de Jobdating et tous souhaitaient nous montrer leur dossier présentant les études effectuées, les diplômes acquis et nous expliquer les raisons de leur présence ici. 

La situation ne semble également pas être tout à fait identique que l’on vive en ville ou dans un village en étant une personne en situation de handicap. Lors de notre temps libre, nous avons sillonné la campagne de l’Etat du Gujarat et rencontré le prince local, gérant une vingtaine de villages alentours. Il nous a expliqué que les personnes handicapées de ces villages ne sont pas considérées comme « utiles » car incapables de travailler selon eux dans les champs et ne constituent pas de ressources financières utiles au foyer. Les personnes handicapées sont parfois enfermées plusieurs jours dans des pièces minuscules dans le noir sans aucune relation avec le monde extérieur. Dans ces villages reculés, les associations sont encore peu présentes et il est difficile d’aider ces personnes délaissées.

L’expérience Blind People’s Association

Oubliées les 35 heures, dans le Gujarat les indiens travaillent six jours sur sept, de 9h à 18h. Malgré ce temps de présence assez important, le rythme de travail reste très lent. Les projets sont nombreux mais mettent du temps à être organisés. Même s’ils sont menés par à-coups, ils finissent toujours par être réalisés.

Nous avons été très bien accueillis par tous les membres de Blind People’s et avons été tout de suite responsabilisés sur les projets définis. Ce fut particulièrement valorisant d’avoir pu sentir la confiance de Blind People’s qui souhaitaient réellement bénéficier de notre aide et de notre regard sur ces projets. Nous avons pu travailler en collaboration, échanger nos idées et propositions avec une grande liberté.

 

 Ce que nous garderons en mémoire de notre séjour en Inde: les sourires et mains serrées chaque jour par dizaines, le bruit permanent et la foule oppressante, une tolérance accrue face au handicap, et surtout une entraide quotidienne même avec les étrangers, malgré certaines barrières de communication.

 

 


Journées jobdating à Blind People’s : des dizaines d’embauches réussies !

Evénement phare de Blind People’s Association et moment clé pour HandiCap sur le Monde afin d’observer la situation de l’emploi des personnes en situation de handicap en Inde, les journées de jobdating qui se sont déroulées sur le campus de BPA les 5 et 6 octobre ont été un franc succès : des centaines d’entreprises et des milliers de personnes en situation de handicap ont répondu à l’appel. HandiCap sur le Monde était présent et vous dit tout !

Comme nous l’avons détaillé dans nos précédents articles, Blind People’s Association (BPA) est une association qui vise à l’inclusion des personnes handicapées par l’emploi, via des formations, des diplômes adaptés, des embauches au sein du campus. D’autre part, depuis plusieurs années, l’association organise des rencontres entre entreprises présentes dans le Gujarat à la recherche de futurs employés et personnes handicapées en recherche active d’emploi.

Le programme est simple : le premier jour est dédié à l’inscription des personnes sur le campus, qui détaillent leurs compétences et diplômes et indiquent le type d’emploi recherché. Elles sont ensuite conviées à des formations aux entretiens d’embauche qui auront lieu le jour suivant.

 

Il y a foule déjà ce premier jour et s’amassent auprès des bureaux des responsables de BPA des personnes de tout âge, accompagnées ou non, sourds et muets, aveugles, mais surtout un grand nombre de personnes déficientes motrices. Certaines arrivent sur des motos adaptées, d’autres moins bien loties se trainent par terre à l’aide de leurs bras, les mains dans des chaussures. On observe d’ailleurs ici en Inde que le fauteuil roulant est un luxe et que rares sont les personnes pouvant s’en offrir. Peu importe le moyen de locomotion, les compétences et degrés de qualifications sont bien présents : Mihir est styliste mode mais cherche à se réorienter, la jolie et motivée Aheli qui n’a plus de jambes elle souhaite être réceptionniste ou employé dans un centre d’appels, Amal qui n’a pas l’usage de sa jambe droite recherche un emploi d’aide-soignant, Param accompagné de son papa, ne parlant pas et n’ayant pas l’usage de ses mains nous présente un CV bien fourni ; il est actuellement en poste mais veut intégrer une plus grosse société.

 

 

Lakesh, diplômé de commerce et d’informatique : « je recherche un bon emploi en tant qu’opérateur informatique ou consultant, et ce job meeting est l’occasion de rencontrer les grosses boites de l’état. C’est la première fois que je participe à ce type d’événement, BPA fait un super travail, je les remercie d’avance et j’espère que nous trouverons tous un emploi à la hauteur de nos compétences au-delà de notre handicap. »

L’ambiance est bonne et le déroulement de la journée à l’indienne, un beau bordel organisé. Selon BPA, à la fin de la journée, ce ne sont pas moins de 1000 personnes qui se sont inscrites aujourd’hui et qui ont rendez-vous demain avec les entreprises pour des entretiens.

Car la journée la plus importante a lieu le jour suivant. Des centaines d’entreprises sont ici présentes avec une demande conséquente de force de travail. Plusieurs salles d’entretiens sont mises en place au sein du campus en fonction des métiers recherchés (design, informatique, médical…) mais nous avons choisi de nous concentrer sur celle où est organisé le plus grand nombre d’entretiens et qui offre peut être des opportunités au plus grand nombre : la salle de centres d’appels et réceptionnistes. Il faut dire que parmi le développement exponentiel de l’Inde les opérateurs téléphoniques et services après-vente explosent pour répondre à la demande nationale mais aussi de pays comme le Bangladesh, le Pakistan et autres pays limitrophes.

Dans cette salle, une dizaine de tables où sont présentes des entreprises locales telles que Croma & Future Group, Agies, Tech Mahendra, I call India ltd, mais également des mastodontes de la téléphonie comme Vodafone. Vodafone qui rappelons le, au Gujarat, embauche 50% de salariés avec un handicap (suivi de près par KFC).

L’attente est longue devant la salle, mais chacun a droit à son temps d’échange avec ces entreprises. Lorsque la réponse est positive, les candidats repartent avec un petit papier de promesse d’embauche, voir directement de contrat pour démarrer la semaine suivante.

Nous avons pu interroger certaines entreprises présentes :

“Tech Mahendra est une entreprise spécialiste dans l’outsourcing et travaille pour de grands hôtels indiens ou des opérateurs comme Vodafone, principalement dans des centres d’appels. Implantée à travers toute l’Inde ainsi qu’à l’étranger, l’entreprise recherche aujourd’hui une centaine de futurs employés pour la ville d’Ahmedabad où elle est également basée. Nous possédons une force de travail de plus de 400 personnes dans l’état du Gujarat et souhaitons l’augmenter pour atteindre 800 ou 900 employés d’ici la fin de l’année. Nous recherchons des personnes qualifiées, pouvant répondre aux demandes des clients durant 8 heures d’affilée et proposons un salaire de 4000 à 5000 roupies (nb l’équivalent de 70 euros). Aujourd’hui, 8% de nos employés sont en situation de handicap.

Nous embauchons des personnes handicapées car la qualité principale que nous recherchons aujourd’hui est la capacité à pouvoir bien parler au client, et ce durant plusieurs heures. Ce n’est pas le premier événement de ce type auquel nous participons, nous allons à des séminaires, au salon de l’échange de l’emploi et ce n’est pas non plus notre premier job meeting au sein de BPA.


Je représente aujourd’hui Azure, qui est l’entreprise de BPO (Business Process Outsourcing) et KPO (Knowledge Process Outsourcing) la plus importante du pays. Cette société est basée à la fois en Inde mais aussi à l’international. Nous avons des centres d’appels de par le monde recevant des appels dans différentes langues, dont l’Hindi. Je recrute aujourd’hui des personnes indiennes pour cette branche, principalement pour des entreprises de télécommunications sur des produits mobiles. Nous avons aujourd’hui 4 bureaux en Inde et embauchons 800 personnes.

J’ai aujourd’hui un réel besoin de main d’oeuvre car je dois recruter 1100 personnes en moins de 15 jours ! J’espère donc embaucher autant de personnes que possible lors de ce jobmeeting à BPA. Le handicap n’est pas un problème pour nous, la seule chose est de savoir parler. Nous avons pu remarquer que les personnes en situation de handicap sont des personnes très travailleuses, honnêtes et tolérantes, qui peuvent travailler durant de longues heures. Elles ne sautent pas sur le premier travail venu, elles sont très fidèles à une entreprise et restent avec nous pendant des années.

De plus, si elles ont un handicap particulier, leurs autres compétences seront multipliées; par exemple elles pourront être très douées à l’ordinateur, ou avoir d’excellentes qualités de langage, en étant très polies avec le client, en décelant les accents et origines de celui-ci. Aujourd’hui nous embauchons 15 à 18% d’employés en situation de handicap.

 

Alors est-il difficile de trouver un emploi en Inde ? Pour une personne valide, non clairement. Le pays est en constant développement, les villes se construisent, les bénéfices des entreprises explosent et elles sont en constante recherche de nouvelle main d’œuvre. Pour une personne handicapée ? Certainement beaucoup plus, mais il nous semble que même en étant en Inde, pays en développement, les entreprises ont déjà compris que le handicap n’avait rien à voir avec les compétences, voir même que pêcher dans un domaine permettait d’exceller dans un autre.

Les événements dédiés à l’embauche de personnes en situation de handicap tel que le jobdating BPA sont-ils utiles ? Ils le sont pour les personnes en situation de handicap avant tout car ils permettent de rencontrer les entreprises pour des entretiens privilégiés. Les entreprises indiquent qu’elles aussi apprécient de prendre part à ce type de rencontre car c’est le moyen de rencontrer de nombreuses personnes qualifiées en un minimum de temps.

 


Deux projets de Blind People’s soutenus activement par HandiCap sur le Monde

Le travail ne manque pas sur le campus de Blind People’s Association. Parmi les nombreux programmes proposés et les divers événements organisés tout au long de l’année pour promouvoir l’inclusion des personnes handicapées dans la société, HandiCap sur le Monde a choisi de travailler sur deux programmes en particulier : la création de lampes par de jeunes adultes déficients mentaux pour le festival Diwali et l’organisation d’un tournoi de cricket unifié.

Un tournoi de cricket  unifié: ou comment le sport national peut être joué par tous!

Pour la troisième année consécutive, Blind People’s Association participe l’événement Badhte Kadam en collaboration avec « The National Trust », une organisation gouvernementale créée en 1999. « Badhte Kadam Inclusive Premier League » est un tournoi mixte de cricket mêlant jeunes étudiants sans handicap et jeunes porteurs d’un handicap. Les équipes s’affrontent ainsi lors de différents matchs avant la grande finale prévue dans un stade de cricket officiel à Ahmedabad. Le tournoi a lieu en décembre 2012 durant une dizaine de jours. L’objectif de Badhte Kadam étant de montrer que jeunes en situation de handicap et jeunes non-handicapés peuvent jouer ensemble et pratiquer ensemble diverses activités sportives. C’est aussi un moyen de sensibiliser les jeunes non-déficients au handicap et de leur montrer, par cette expérience, qu’ils peuvent vivre ensemble sans difficultés. Diverses personnalités sont attendues ainsi que de nombreux supporters incluant familles, fans de cricket et toute personne souhaitant assister aux matchs.

HandiCap sur le Monde s’investit pour le Badhte Kadam 2012 en aidant l’association Blind People’s à collecter des fonds issus d’entreprises et permettre la réalisation de ce tournoi. Nous créons également des documents de communication destinées aux entreprises et aux universités locales tels que des dossiers de sponsoring et communiqués de presse. Nous ciblons les entreprises pouvant être intéressées pour sponsoriser le tournoi: entreprises soutenant la ligue de cricket indienne, entreprises employant des personnes handicapées, entreprises liées au domaine sportif… Nous contactons également des stars telles que les acteurs d’une série télévisée indienne ou encore de célèbres joueurs professionnels de la ligue indienne de cricket. Le cricket est un sport extrêmement populaire en Inde. Actuellement, se déroule la coupe du monde de cricket, difficile donc de décrocher du boulot puisqu’une fois rentrés, nous regardons assidûment les matches opposant l’Inde, le Sri Lanka, l’Australie ou encore la Nouvelle-Zélande.

Création de lampes par des personnes déficientes mentales pour le festival indien Diwali

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Au Vocationnal Training Center (VTC), de jeunes adultes déficients mentaux s’activent pour le festival Diwali, ou fête des lumières. Événement phare en Inde, il est consacré aux divinités hindoues et dure 11 jours durant lesquels les rues, les fenêtres des maisons, les paliers de portes, sont illuminées par des bougies et lampions déposés par les habitants.

A l’occasion de ce festival, les jeunes du VTC créent plusieurs milliers de bougies vendues ensuite au bénéfice de l’association. Ces jeunes adultes sont porteurs de diverses déficiences: mentale et sensorielle (sourds et muets et/ou aveugles). Embauchés à l’année, ce travail leur permet de gagner un salaire de 750 roupies (l’équivalent de 100 euros) et ainsi accroître leur autonomie. Ce travail créatif est complexe pour ces jeunes étant donné l’importance de leur handicap.

Ludwig, jeune trysomique, est le chouchou de la bande. Il pourrait être laissé pour compte par les autres en raison de ses difficultés mais, bien au contraire, les autres ne cessent de venir vers lui, de l’aider et de lui donner des conseils.

 

 

 

 

Jasmina, bien qu’elle soit sourde et muette, ne manque pas une occasion d’affirmer son autorité et de commander tout ce petit monde. Très active, elle organise le travail du groupe, ce qui est finalement apprécié par les autres jeunes, qui écoutent ses directives.

 

 

 

Lors de ce projet, HandiCap sur le Monde observe d’abord le déroulement de la journée, prend contact avec les jeunes et les encadrants, puis aide chacun à réaliser sa mission défini à l’avance par les professeurs. Il faut aider les jeunes ayant des difficultés motrices à tenir les bougies pour pouvoir les peindre, stimuler certains pour qu’ils se mettent au travail, aider les encadrants à distribuer les tâches, accompagner les plus en difficulté au quotidien… Nous prenons beaucoup de plaisir à travailler avec ces jeunes malgré les barrières imposées par la langue puisqu’ils parlent uniquement Gujarati voir ne peuvent parler pour les jeunes sourds et muets. Cela nous permet aussi d’apprendre les gestes de base du langage des signes utilisés par les jeunes. Tâche bien difficile mais tellement enrichissante de pouvoir enfin échanger avec ces jeunes et de les aider dans leur travail.

 

En s’engageant auprès de Blind People’s Association, HandiCap sur le Monde apprend beaucoup de la situation des personnes handicapées en Inde. C’est aussi l’occasion de travailler avec une association importante qui œuvre dans de nombreux domaines en prenant en compte toute personne, peu importe son handicap, selon ses compétences. Il faut aussi s’adapter au rythme de travail des indiens, qui travaillent six jours sur sept mais dont le rythme et donc la productivité quotidienne sont nettement moins élevés qu’en France. Chaque action prend plus de temps à être réalisée ce qui peut être un peu frustrant au départ, mais terminée chaque fois dans les temps!

On ne peut écarter les différences liées à la culture et à l’environnement de ce pays, néanmoins ces actions sont de bons exemples qui pourraient être selon nous réinvestis en France. Qu’en pensez-vous?

 

Pour toujours plus d’infos sur Blind People’s Association c’est ici

Les fans de cricket trouveront un article intéressant paru sur lemonde.fr : « En Inde, seul le cricket peut permettre de s’extraire de la morosité »

Touts sur le Festival Diwali sur le site du Routard

 


Aperçu du campus Blind People’s Association – Inde

L’association Blind People’s basée à Ahmedabad en Inde et avec laquelle nous avons travaillé durant plusieurs semaines, possède un campus de plus de 300 personnes.

Lieu d’étude et de travail, ce campus propose aux personnes possédant un handicap des cours généraux pour enfants de tout âge, des ateliers pour se professionnaliser dans un métier précis (menuisier, tisseur, esthéticienne beauté, informatique etc) mais également des opportunités de travail. Des dizaines de personnes sont en effet embauchées à temps plein pour la construction de fauteuils roulants, de chaises ou encore d’impression de magazines locaux, et pour lesquelles elles touchent un salaire mensuel.

Visite en photos de ce campus

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L’Inde c’est parti! Premières impressions en direct d’Ahmedabad

Arrivée en Inde le 19 septembre, l’association HandiCap sur le Monde aide durant trois semaines Blind People’s Association, située à Ahmedabad dans l’Ouest de l’Inde et découvre comment est considéré le handicap dans ce pays et les moyens mis en place selon l’environnement et la culture indienne.


Le choc culturel à notre arrivée en Inde a été immédiat : beaucoup de gens, de bruit, la misère malheureusement permanente dans les rues, les odeurs épicées, les couleurs des saris, le trafic incroyable qui ferait réfléchir beaucoup de parisiens… Difficile de décrire cette ambiance, en totale opposition avec notre quotidien français. Comme beaucoup le disent, il faut vivre cette expérience pour la comprendre.

Photo prise lors du Festival dédié au Dieu Hindou Ganesh durant lequel des pigments roses sont utilisés lors des différentes processions.

Et pourtant dès la première minute sur le sol indien, chaque personne rencontrée est chaleureuse, accueillante, et prête à nous aider. Et ce malgré la barrière de la langue, car finalement seules les classes assez aisées parlent l’anglais ; chaque état possède son propre dialecte, ici les gens parlent donc le Gujarati.
Température moyenne : 35 degrés, de jour comme de nuit. Notre moyen de transport quotidien : le rickshaw, moto intégrant une cabine à l’arrière pouvant accueillir de 1 à plus d’une dizaine de personnes. Notre repas typique : un plat composé de légumes, de sauces et d’épices, du riz et des nan/roti ; le repas se finit par un verre de buttermilk, boisson entre le lait et le yaourt pour rafraichir le corps après les nombreuses épices absorbées et palier ainsi la chaleur ambiante.

Incredible India
Mais revenons sur le séjour, et  quelques chiffres sur l’Inde : deuxième pays le plus peuplé au monde avec plus d’un milliard 200 millions habitants, entre 30 et 50 millions de personnes sont atteintes d’un handicap (selon Handicap International). Les déficiences visuelles sont notamment particulièrement importantes. Les atteintes visuelles telles que la Cataracte affectent en effet de nombreux indiens dues à la malnutrition et à la médiocrité des soins médicaux. De nombreuses familles indiennes sont concernées par les problématiques liées au handicap en ayant un ou plusieurs membres de leur communauté affecté d’une atteinte particulière.

Ahmedabad est une ville de 6 millions d’habitants en constant développement. Çà et là des quartiers entiers de nouveaux bâtiments modernes apparaissent et les locaux nous répètent très régulièrement « il y a 6 mois ici il n’y avait rien » face à une demi-centaine de bâtiments flambants neufs. C’est également la ville principale du Gujarat, Etat situé au sud du Rajastan, peu visité par les touristes mais détenant pourtant d’incroyables atouts. La majorité des personnes ici sont végétariennes de par leur religion (les vaches sont bien évidemment sacrées comme dans tout le pays), les personnes travaillent 6 jours sur 7 et l’alcool est interdit. Ahmedabad est également la ville où a vécu Gandhi, et d’où il a démarré la célèbre marche du sel.

Le musée consacré à Gandhi, Gandhi Ashram, est situé au bord de la rivière Sabarmati, lieu de vie de Gandhi et lieu de départ de la marche du sel le 12 mars 1930.

Quelques mots enfin sur l’association : Blind People’s Association a été créée en 1950 par un homme aveugle souhaitant développer l’inclusion des personnes déficientes visuelles dans la société indienne. Consciente des problèmes que ces personnes peuvent rencontrer, l’association met en place des cours, ateliers et une aide à l’emploi pour qu’elles puissent vivre et travailler normalement.  Aujourd’hui l’association est ouverte à tous types de handicap (mental, sensoriel, physique) et possède 15 campus où plus de 300 personnes travaillent.

Pour voir plus en détails ce que fait l’association Blind People’s c’est ici.


Présentation de Blind People’s Association

En Inde, HandiCap sur le monde aide l’association « Blind People’s Association », implantée à Ahmedabad, dans le Gujarat, au nord de Mumbay. Ahmedabad est la 6ème ville du pays avec environ 6 Millions d’habitants. Cette association vient en aide aux personnes atteintes de cécité visuelle mais pas seulement.

 

 Elle agit également pour toute personne atteinte d’une déficience telle qu’elle soit. Créée en 1947 pour les déficients visuels, ses missions furent progressivement étendues à l’ensemble des déficiences sensorielles et motrices. Sa notoriété empêcha alors ses dirigeants de modifier son nom.
« Blind People’s Association » intervient dans différents domaines : l’éducation, l’emploi, le sport, la culture, la santé… En poursuivant toujours le même but : que les personnes en situation de handicap puissent bénéficier des mêmes droits que les personnes valides.

Nous allons intervenir auprès de « Blind People’s Association » pour réaliser un film d’une vingtaine de minutes. Il s’agit de recueillir des témoignages de personnes aidées par l’association et d’en faire un outil de communication au service de « Blind People’s Association ».

Pour plus d’informations, nous vous laissons découvrir une première vidéo réalisée par l’association.

Image de prévisualisation YouTube

Le site internet de Blind People’s Association


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